Mini-cupcakes choco-smarties sans lactose

Temps de préparation : ~20min Temps de cuisson : 10-11min Temps de repos : 20-25min



Ingrédients (pour environ 18 mini-cupcakes) : 
              65g de farine
         55g de sucre
         3 œufs
         ½ c.c. de levure chimique
         100g de chocolat noir spécial cuisson
         125g de beurre
Pour le glaçage
         250g de sucre glace
         1 blanc d’œuf
         1 boîte de smarties (ou de mini-smarties comme sur ma photo)
Préparation :

Les mini-muffins…

              1.       Préchauffer le four à 180°C. 
              2.       Couper le chocolat et le beurre en petits morceaux et faire fondre au bain-marie. Laisser ensuite légèrement tiédir.
              3.     Dans un saladier, mélanger le sucre et les œufs. Fouetter jusqu’à ce que le mélange devienne légèrement blanc.
              4.     Ajouter la farine et fouetter à nouveau.
              5.     Ajouter petit à petit à l’appareil le chocolat fondu tout en fouettant. Attention à ne pas ajouter le chocolat trop rapidement, sinon il risque de cuire les œufs !! (vu qu’il est encore un peu chaud)
              6.     Ajouter pour finir la levure chimique et remuer une dernière fois.
              7.     Verser l’appareil dans des moules à mini-muffins et enfourner pendant 10-11min à 180°C.

Le glaçage…

              1.      Casser un blanc d’œuf au fond d’un bol, et ajouter petit à petit le sucre glace tout en remuant avec une fourchette.
              2.      Une fois que les muffins ont refroidi, appliquer le glaçage blanc à l’aide d’une cuillère et immédiatement déposer les smarties dessus.
              3.      Déguster les mini-cupcakes une fois que le glaçage s’est entièrement solidifié !!



Bon appétit !

41°53'N 12°30'E vs 46°12'N 6°09'E

Deux maisons…

L’une d’elles, petit appartement de cinquante mètres carré donnant sur une cour extérieure. Effluves de sauce tomate à partir de onze heures du matin, musique de banjo à partir de neuf heures du soir. Mon basilic sur le rebord de la fenêtre, mon vieux téléviseur carré qui fait un bruit d’enfer, ma cuisinière à gaz, le bidet dans la salle de bains. Un salon rouge, une chambre bleue. Un sommeil réparateur dans un lit neuf, une mezzanine pour se rouler en boule et se couper du monde. Bianca, colocataire végétale coquine et paresseuse. Par la fenêtre de la chambre, un immeuble bronzé aux câbles qui tombent du toit pour alimenter les familles d’en face.

L’autre, grand appartement calme aux meubles qui ne sont pas les miens. La table du salon que j’ai rénovée, le grand tapis persan devant la cheminée bouchée. Un balcon sur lequel je peux rester des heures, bravant le froid et la pluie, juste pour le plaisir d’y être. Un lit à partager. Une cuisine à exploiter. Une cave à vin. Mes robes de soirée dans le placard. Le silence.

Dans deux villes…

Une capitale si grande que pour la connaître, une vie entière ne suffirait pas. Des places aux mille fontaines, des édifices chargés d’histoire, des rues pavées. Des églises à couper le souffle que je ne me lasserai jamais d’admirer. Des vieilles femmes chargées de courses qui marchent d’un pas irrégulier dans leurs robes noires. Buongiorno dans leur bouche devient un bruit humide se situant entre le soupir et l’aboiement. Je leur réponds de mon italien amateur, celui qui appuie un peu trop sur le r. Des rues sales, des tags sur les murs. De l’agitation, de la désorganisation. Des odeurs de pizza, de poisson, de pollution, de pisse. Une ville qui bouge, une ville qui vit. Jamais d’ennui.

L’autre, autour d’un lac, entre les montagnes, ville de mon enfance. Petite cité que je connais par cœur, cité d’un pays que j’aime pour ses paysages et admire pour ses valeurs. Propreté, simplicité, discrétion. Population froide, femmes au regard hautain et au sourire hypocrite perchées sur leur Louboutin. Restaurants délicieux, restaurateurs orgueilleux. Organisation, précision. Tout est parfait, on s’y plaît, trop parfait, on s’ennuie.

Une capitale qui appelle à l’action.
Une cité qui appelle à la contemplation.

Deux nations…

L’une qui coule dans mon sang et l’autre qui coule dans mon cœur.

Deux Langues…

L’une qui résonne dans mes tempes et l’autre qui fait vibrer ma plume.

Deux vies…

Une vie d’étudiante aux soirées rythmées par les rencontres, aux journées enfermées dans la sempiternelle salle de cours donnant sur une cour extérieure. Machine à café, soleil. Une vie indépendante, femme libre et assurée. Une vie solitaire, balades dans rues inconnues, instants pyjama devant petit écran, ménage et lessive. Une vie socialement féminine, grande nouveauté. Une vie sans pressions sociales, une vie pour moi.

Et une vie de femme amoureuse, une vie de fille, une vie de sœur, une vie d’amie. Une vie excessivement chère, restos entre amis, courses excessives pour homme affamé. Sortir de chez soi, et se faire scruter. Devoir paraître et rendre envieux. Au final, être simplement soi-même, rejeter ces normes sociales. Une vie apaisante, des lieux connus, des habitudes. Une vie proche de ceux que j’aime. Une vie dédiée à ceux que j’aime. Ma vie.

Deux vies.

L’une s’appelle découverte et l’autre sérénité.


Culpabilité

Je m’éveille aux aurores et rapidement me voilà prise d’un sentiment de culpabilité, celui qui vous fouette au réveil lorsque les idées reprennent place. J’ai trop dépensé hier soir. Je vais acheter mes légumes au discount pour faire des économies et je dépense sans compter pour de misérables Cuba Libre. Je me sens mal. Je connais bien cette culpabilité-là, celle qui me prenait à la plus petite dépense à l’époque où mon porte-monnaie ne faisait aucun bruit.
Et pourtant ce matin, malgré l’heure indue et les quelques effluves d’alcool qui s’échappent encore de mes pores, ma réflexion se creuse davantage.
Pourquoi ?
Pourquoi ce sentiment de culpabilité ?
C’est vrai, j’ai passé une super soirée.
Pourquoi culpabiliser lorsque l’on dépense trop ? Ou lorsqu’on se lève trop tard ?
Pourquoi culpabiliser à chaque fois que l’on privilégie le plaisir à la corvée ? Ou que l’on privilégie le plaisir tout court, quand bien même aucune corvée n’en pâtit ?
La réponse est simple : mon éducation. S’il y a bien une valeur que ma mère m’a transmise, c’est celle de la culpabilité. Et aussi que le plaisir est un privilège qui, comme tout privilège, doit se mériter.
Et là je me dis, c’est quand même dingue que ça ne m’ait pas sauté aux yeux plus tôt : ce sont des valeurs fondamentalement chrétiennes.
Alors que ma mère, elle, a toujours refuser de nous donner une éducation religieuse. Mais c’est pourtant celle qu’elle a reçue de ses parents, et ces valeurs chrétiennes sont désormais ancrées si profondément en elle qu’elles sont devenues siennes. En fait, elle nous a transmis ses valeurs, à elle, en ayant simplement oublié d’où elles venaient.
Comme j’ai moi-même mis vingt-trois ans à m’en rendre compte.

Car c’est cela que la religion a réussi à faire de nous. Elle s’est ancrée si profondément dans notre culture qu’elle lobotomise chaque individu, même ceux qui n’ont reçu aucune éducation religieuse.
Il y a sûrement plein d’autres aspects de ma personnalité qui ont été façonnés par des entités externes sans même que je m’en rende compte.
Maintenant, j’ai envie de découvrir plus encore le bouddhisme, dont les valeurs morales me paraissent si éloignées des nôtres. Ou l’islam, que je ne connais pas assez mais qui m’a toujours intriguée. Et j’ai envie de découvrir une flopée de cultures différentes de la mienne pour pouvoir prendre encore davantage de recul sur moi-même. C’est aussi à cela que sert le voyage. Mais il doit être accompagné d’une grande capacité de remise en question et d’ouverture d’esprit. Sinon il ne sert à rien.
Il en va de même pour le voyage intérieur.

A bon entendeur…

Apesanteur.

Le sol est lâché, la cité s’éloigne.
Nos corps s’enfoncent dans des sièges orange que des milliers d’arrière-trains ont foulé. Mon regard se perd dans le hublot de 600cm2, village de poupées. L’aile se penche, je tombe. Je tombe et mes yeux se brouillent de larmes. Une petite mort, une de plus, je meurs trop souvent depuis six mois, je vais finir par en crever.
On traverse la première couche de nuages, fine et translucide. La mini-cité devient fantôme jusqu’à la deuxième couche de nuages, épaisse et grise, qui la rend souvenir.
L’avion se secoue, le réacteur à ma gauche vrombit, je ferme les yeux et me retrouve en soirée drum’n’bass, comme je n’en ai plus fait depuis longtemps, je me rappelle bien cette sensation de vide comblée par l’irréalité de ce qui nous transcende, le cœur qui se secoue dans la poitrine, un peu comme maintenant, dans cet avion dont l’apesanteur paraît rêve.
Un éclat de lumière me réveille, nous voici au-dessus des nuages, bonjour lueur qui m’a tant manqué ces derniers jours. Bientôt j’apercevrai les cimes des Alpes d’une blancheur que personne n’est venu troubler, car seuls les oiseaux, les avions et les anges ont la chance de contempler cette magnificence de la nature.
Ma voisine de droite prie, son chapelet à la main. Sait-elle que cet avion est depuis quelque temps mon plus fidèle compagnon ?

Traverser le hublot et s’envoler. Si simple pour l’esprit, si difficile pour l’enveloppe charnelle. Je rêve de voler de mes propres ailes.
 
© Copyright Laetitia Carboni 2014 La cerise sur l'éclat de carbone.